Voyage  Evasion  Découverte 

                                                                                                                                                   By Steph

BLOG POUR LES AMOUREUX DES VOYAGES

Voyage Evasion Decouverte
Facebook

        ——————————————————————————————————————————————————————————————————————————

Addis Abeba  -  Bahir Dar  -  Lac Tana  -  Le Nil Bleu  -  Gondar  -  Simien Montains National Park

Les babouins Géladas  -  Aksoum  -  Massif du Gheralta  -  Abuna Yemata Guh  -  Lalibela  - Bete Medhane Alem   

Bete Ghiorghis -  Bete Merqorewos -  Bete Emmanuel  -  Bete Abba Libanos  -  Awasa 

Réserve sauvage Senkelle  -  Arba Minch  -  Jinka  - Turmi

Les tribus de l'Omo : Les Alabas  -  Les Dorzés  -  Les Konsos  -  Les Mursis  -  Les Dassanechs   

ÉTHIOPIE

















Histoires, légendes et prophéties…


Berceau de l'humanité, l'Éthiopie est l’une des plus anciennes nations au monde. Pays de la reine de Saba et du roi Salomon, l'histoire éthiopienne est riche de légendes, de miracles et de prophéties, ainsi que de mythes fondateurs. Ce foisonnement s’explique du fait de la profondeur temporelle de l’histoire éthiopienne.

Les très nombreuses traces laissées au cours des siècles par ce peuple bâtisseur et spirituel sont comme autant d’énigmes dont les codes sont loin d’être déchiffrés. Deuxième plus vieil état chrétien au monde, après l'Arménie, l'Éthiopie vit au rythme de ses religions, dont la plus importante est le christianisme orthodoxe éthiopien. 

Abyssinie, Al-Habacha, l'Éthiopie a de nombreux noms, comme autant de témoins de son histoire et de sa culture exceptionnelle qui font rêver plus d'un voyageur. Ces cultes ont légué un patrimoine culturel et architectural d’une grande richesse. Les sites majeurs de la ville antique d’Axoum et ses mégalithes, les méconnues églises du Tigré perchées au sommet de plateaux tabulaires et de parois rocheuses comme autant de sentinelles de la foi orthodoxe ou encore les extraordinaires églises de Lalibela creusées à même la roche, sont de véritables 

merveilles de l’architecture sacrée. Pendant longtemps encore, l’Éthiopie restera un terrain d’exploration fabuleux pour les générations à 

venir de paléontologues, archéologues et historiens.

Héritière d'une civilisation plusieurs fois millénaire, l'Éthiopie est une mosaïque complexe de peuples, de langues, de cultures, de religions, qui sont autant de lignes de fractures. L'Éthiopie, aujourd'hui constitutionnellement laïque, est un pays où de nombreuses croyances coexistent. Orthodoxes orientaux, catholiques, protestants, et musulmans ainsi que quelques minorités comme des juifs, des animistes et 

plus de 70 ethnies partagent cette terre africaine et fait de l'Ethiopie, la plus grande poudrière d'Afrique de l'Est...


L'Éthiopie, multiple, religieuse, et mystérieuse, invite aux plus beaux et mystiques voyages en terre d'Afrique. Ce périple à travers l'Éthiopie offre des paysages les plus spectaculaires de notre planète, des rencontres exceptionnelles avec des tribus animistes de la vallée de l'Omo et une impression de remontée dans le temps. C'est un livre d’histoire à ciel ouvert dans lequel je me suis plongé avec délice.


Après avoir vu un reportage à la télévision, j'ai eu vraiment envie d'aller découvrir ce beau pays 

par moi-même. Nous avons contacté une agence locale et après avoir mis au point le voyage, 

nous sommes partis à trois, fin octobre 2015, pour 15 jours de périple à travers ce pays mystérieux. 


Conduire en Éthiopie : Nous avions opté pour une voiture avec chauffeur car les permis de conduire 

internationaux ne sont pas reconnus par l'Éthiopie. Vous pouvez faire la demande d'un permis 

certifié conforme recto/verso à l'ambassade de France à Addis Abeba mais c'est assez compliqué et 

long !

Donc seuls les titulaires d'un permis de conduire éthiopiens sont autorisés à conduire en Éthiopie.


Demande de visa : Pour rentrer en Éthiopie, il vous faut un visa ou un e-visa. Vous pouvez en faire la demande sur le site : Ethiopian e-Visa (Officiel). Vous pouvez choisir entre 30 ou 90 jours, selon votre voyage touristique. Le prix, pour 30 jours, est d'environ 50US$ et pour 90 jours, 70US$.


Nous voilà arrivés en Éthiopie après avoir fait escale à Johannesburg en Afrique du Sud. Addis Abeba fut notre premier contact avec ce pays fascinant. 


Addis Abeba :                         Signifie “Nouvelle fleur“ en amharique


Capitale de l'Éthiopie, elle est située au centre du pays, sur un plateau à une altitude comprise entre 2 300 et 2 600 mètres, ce qui lui vaut d'être la capitale la plus élevée d'Afrique et la cinquième au niveau mondial. Addis-Abeba est également considérée comme la capitale politique de l'Afrique car elle abrite le siège de l'Union Africaine, la Commission économique pour l'Afrique des Nations Unies avec plus de 120 ambassades. 


Le Mont Entoto

Il culmine à 3 200 mètres d'altitude et offre une vue panoramique sur Addis Abeba. Un vrai coin de verdure à quelques minutes de la capitale, recouvert d'une vaste forêt d'eucalyptus plantés sous les règnes de Menelik II et d'Hayle Sellassé Ier. Le mont Entoto est aujourd'hui considéré comme un lieu saint et fait l'objet de nombreux pèlerinages. À son sommet, vous croiserez des femmes courbées par le poids des fagots de bois de taille impressionnante qu'elles redescendent jusque dans la vallée. 
















Le musée National d'Éthiopie

Ce petit musée, un peu vétuste mais bien entretenu expose l'héritage historique, culturel et archéologique du pays. Il est connu pour ses fossiles hominidés comme la fameuse Lucy. Ces ossements humains sont datés de 3,18 millions d'années et constituent le premier fossile relativement complet (conservé à 40%, avec 52 fragments osseux) qui ait été découvert pour une période aussi ancienne. Son nom est dû au fait que lorsqu'elle a été découverte par les archéologues, il passait la chanson des Beatles "Lucy In The Sky Diamonds". Comme quoi, elle aurait pu s'appeler Aline avec la chanson de Christophe ou Roxanne du groupe The Police. Les éthiopiens l'appelle Dinknesh ce qui signifie “tu es merveilleuse“. En tous les cas, cela a révolutionné notre perception des origines humaines, en démontrant que l’acquisition de la bipédie datait d'au moins 3,2 millions d’années. 











Le musée expose aussi beaucoup d'autre choses, des peintures de Lalibela, des trônes d'empereurs, des habits, des bijoux et des objets de plusieurs groupe ethniques.


L'Addis Merkato :

C'est le plus grand marché en plein air d'Afrique car il s'étend sur plusieurs kilomètres carrés. Ce vaste marché se situe dans le district d'Addis Ketema. Lieu idéal pour s'imprégner de la vie des habitants d'addis Abeba et pour découvrir l'ébullition de cette belle capitale. C'est un endroit à ne pas manquer, c'est un vrai labyrinthe qui regorge de milliers de kiosques de commerçants, regroupés en sous-sections thématiques, proposant une quantité phénoménale de produits allant du poisson fumé, aux fils à coudre, aux étals des cordonniers, en passant par l'électronique, des casseroles et un peu plus loin des fruits et des légumes. 
















Ce qui rend ce marché hors du commun est qu'on peut s'y perdre facilement et que son organisation est typiquement africaine. Ici tout se vend, se négocie et se recycle ! 


Nous avons séjourné au Swiss Inn Nexus Hotel. L'hôtel plutôt moche extérieurement, est bien tenu, 

propre et confortable avec toutes les accommodations possibles, et le personnel est à l'écoute. Il y a une belle 

terrasse sur le toit pour prendre un petit apéro avant d'aller diner. Je recommande vivement ! 


Tôt le lendemain matin, nous avons pris un avion de la compagnie aérienne Ethiopian Airlines pour aller à Bahir Dar. La durée du vol a été de 1h. 


Bahir Dar


Cette ville est située dans la région d'Amhara au Nord-Ouest de l'Éthiopie et jouit d'une situation privilégiée à proximité de la rivière du Nil bleu et au bord du lac Tana. C'était autrefois un village de chasseurs, puis un centre d'échange très important pour les caravaniers.


Nous avons passé une nuit au Jacaranda Hotel. L'hôtel est plutôt impersonnel mais bien situé, à 2 pas du lac 

Tana. Les chambres sont très spacieuses, propres, avec wifi et eau chaude. Le petit déjeuner sous forme 

de buffet est très bon.

Bon rapport qualité-prix


Lac Tana


D'origine volcanique, il se situe à 1 800 m d'altitude. Avec sa superficie de 3 630 km², c'est le plus grand lac d'Éthiopie. Il constitue un relais important pour le commerce dans la région. Le Lac Tana, source du légendaire Nil Bleu, est un des endroits les plus emblématiques du pays. Classé Réserve de la Biosphère par l'UNESCO, il possède une forte histoire religieuse, il paraitrait que l'île isolée de Tana Qirqos aurait abrité l'Arche d'alliance ! Le lac Tana est un lieu incontournable emplie de spiritualité à découvrir lors de votre voyage en Éthiopie. 

Éparpillé sur la surface du lac, se trouvent 37 îles, dont une vingtaine abritent des églises et des monastères d'intérêts historiques et culturels. Malheureusement, nombre de ces îles sont interdites aux femmes.
















Nous sommes montés sur un petit bateau à moteur, et avons mis une bonne demie heure pour faire le trajet en direction de la péninsule de Zéghé pour visiter le monastère de Ura Kidane Mihret. Le moment était magique, nous naviguions au beau milieu de ce lac éthiopien aux 

eaux couleurs d'ocre. 


Ura Kidane Mihret


Situé sur la péninsule de Zéghé, Ura Kidane Mehret est l’un des monastères les plus importants du lac Tana et le plus visité. On l’atteint 

après  25 minutes de marche à travers une forêt très dense. Ce monastère a été fondé au 14ème siècle par le saint Betre Mariyam, bien que l'église actuelle, qui se trouve à l'intérieur de l'enceinte, date du 16ème siècle. Elle fait partie du complexe du couvent de la miséricorde et est considérée comme l'une des l'église la plus attrayante de la région du lac Tana.

Cette église circulaire en torchis abrite un maqdas entièrement décoré de nombreuses peintures murales bibliques retraçant l’histoire de l’Eglise Ethiopienne Orthodoxe. Les sujets incluent Negus Tekle Haymanot de Gojjam et ses disciples. Les plus importants ont été peints par Alaqa Engida sous le règne de l'empereur Menelik II. L'église a un trésor dans une dépendance voisine, qui contient les robes richement brodées de Negus Tekle Haymanot et de son épouse Laqetch Gegre Mehdin, ainsi que les couronnes de l'empereur Yohannes IV, de l'empereur Tewodros II, de Negus Tekle Haymanot et de l'empereur Tekle Giyorgis. 
















Il existe un petit musée à l’intérieur du monastère où l’on peut observer des croix, des bibles, des couronnes et des instruments de musique. 


En revenant à Bahir Dar, nous nous sommes arrêtés vers 12h dans un petit restaurant au bord du lac. 

Le Dessert Lodge est un restaurant avec une belle terrasse au bord du lac. Très agréable, l'accueil est 

sympa et vous mangerez sous une pergola en bois avec une vue imprenable sur le lac. 




Nous avions décidé de gouter une des fameuses spécialités Éthiopiennes, le Firfir. 

C'est un mélange d’injera (une galette avec laquelle on consomme d'autres aliments en utilisant sa main 

droite) coupée en lanière, de beurre clarifié, de bérbéré et éventuellement d'autres ingrédients (viande, 

légumes...) et tout ça servi avec une sauce épicée. Disons que c'est tellement copieux et bourratif que 

cela ressemblait plus à un étouffe chrétien. Nous n'avons pas super aimé ! 

Heureusement pour nous que les autres jours, nous avons pu gouter à d'autre spécialités comme le Wat 

ou le Tere sega.  


Après le déjeuner, nous sommes partis voir les chutes du Nil Bleu. Elles se trouvent à une heure de voiture en direction de l'Ouest vers le village de Tis Abay. Une fois arrivée au parking, vous traverserez le Nil Bleu sur une embarcation puis vous aurez 20 mn de marche pour arriver aux chutes. 


Le Nil Bleu


Prenant naissance au lac Tana, il forme le Nil lors de sa confluence avec le Nil Blanc à Khartoum, au Soudan. Le Nil Bleu, pourtant plus court, contribue à la majorité du débit du fleuve. 

La longueur du Nil Bleu, de sa source à son confluent, est de 1 460 km ou 1 600 km, suivant les sources. L'incertitude quant à sa longueur pourrait provenir du fait qu'il traverse des gorges quasiment impénétrables dans les plateaux d'Éthiopie, d'une profondeur allant jusqu'à 

1 500 m, comparables à celle du Grand Canyon aux États-Unis.

Selon des sources publiées par l'agence centrale de statistique d'Éthiopie, le Nil Bleu mesure 1 450 km, dont 800 km en Éthiopie et 650 km au Soudan. 








Chutes du Nil Bleu : Connues en amharique sous le nom de Tis Abay, signifiant “grande fumée"

La hauteur des chutes est estimée entre 37 et 45 mètres de haut et l'ensemble des chutes consiste en quatre flux d'eau variant de la largeur d'un ruisseau pendant la saison sèche à plus de 400 mètres de large pendant la saison des pluies. L'environnement des chutes est splendide, la nature est luxuriante et la vue panoramique. Nous étions en saison sèche mais le spectacle était quand même au rendez-vous !
















Après une bonne nuit de sommeil, nous sommes partis en direction de Gondar. Nous avions à faire 3 h de voiture à travers les superbes plateaux de Fogera et de Dembia. 

Ces régions d'altitude au climat plus frais et plus humide que le reste du pays sont propices à l'agriculture, et contiennent les sources de nombreux cours d'eau ce qui leur vaut le nom de “toit de l'Afrique“. C'est en traversant ces plateaux que l'on se rend compte de l'importance de l'agriculture en Éthiopie. À perte de vue, s'étend des champs de riz, de blé, de maïs et d'orge formant un superbe patchwork.
















À chaque fois que nous nous arrêtions sur la route, des hordes d'enfants venaient de nulle part à notre rencontre espérant quelques distributions d'argent, le tout avec des sourires et des rires. La seule chose que nous leurs donnions, était des fruits que l'on achetait sur la route. 


Gondar


Située au Nord-Est du lac Tana, Gondar a été précédemment la capitale de deux empires éthiopiens. La ville abrite les vestiges de plusieurs palais impériaux, notamment le Fasil Ghebi, en raison duquel Gondar est parfois appelée le “Camelot africain“. 

Gondar a été fondée par l'empereur Fasilädäs autour de l'an 1635 et a prospéré comme une ville agricole et comme marché. À l'époque, une superstition voulait que le nom de la capitale commence par la lettre «GA» (Gondar ayant été initialement écrit "Gandar"), gage de paix, de prospérité. La légende indique également que c'est un buffle qui conduisit l'empereur Fasilädäs à un bassin de la rivière Angereb, endroit où un “vénérable ermite“ conseilla à l'empereur de localiser sa capitale. Fasilädäs disposant ainsi d'eau à volonté y fait construire un château. Sur ce même site l'empereur fait édifier ensuite le pont de Defeche, et sept églises. Les cinq empereurs qui succèdent à Fasilädäs érigent également leurs palais dans la ville. 



Nous avons passé une nuit au Taye Belay Hotel. L'hôtel sans aucun charme est un peu vieillot mais 

propre. Les chambres sont sans plus, à l'image de l'hôtel... Beaucoup d'escaliers et pas d'ascenseur ! 

Heureusement, nous n'y avons passé qu'une nuit. Le petit déjeuner peu copieux et peu varié.

 


Cité Royale de Fasil Ghebi

L'enceinte royale a été fondée au XVIIe siècle par l'empereur Fasilädäs (1632-1667), puis embellie et agrandie par ses successeurs. La ville-forteresse fonctionna comme centre du gouvernement éthiopien jusqu’en 1864. Elle abrite une vingtaine de palais, des bâtiments royaux, des églises richement décorées, des monastères et des bâtiments publics et privés uniques, transformés par le style baroque introduit à Gondar 

par les missionnaires jésuites. 
















Malheureusement, pendant la Seconde Guerre mondiale, les forces italiennes de Mussolini se retranchent à Gondar. C'est ainsi que l'enceinte impériale est bombardée par l'aviation britannique (novembre 1941) causant d'importants dégâts. 


Les Bains de Fasilädäs

Ces bains, étaient destinés à l'origine aux ébats nautiques du monarque et de ses proches ou à des célébrations religieuses. L’édifice principal est une structure crénelée à deux étages qui occupe l’extrémité d’une pièce d’eau rectangulaire. Ce bassin est alimenté par un canal qui la relie à la rivière voisine. Le pavillon balnéaire proprement dit se trouve sur une jetée reposant sur des arches et comporte différentes salles accessibles par un pont de pierre dont une partie pouvait être relevée en cas de danger. Le bassin proprement dit est ceint de gradin et d'un mur pris d'assaut par d'énormes racines de fromagers. Les thermes se trouvent au milieu d'un parc arboré entouré d'un second mur flanqué de tourelles.















Les foules s'y rassemblent aujourd'hui à l'issue d'une grande procession, pour célébrer Timqet, l'Épiphanie pour l'Église orthodoxe tewahedo éthiopienne. Le bien est classé au Patrimoine mondial par l'UNESCO au titre de la "ville-forteresse de Gondar". 


L'église Débré Birhan Sélassié : “Mont de la lumière de la Trinité“

C'est une ancienne et très célèbre église orthodoxe située sur une colline à la limite Nord de Gondar. On a longtemps pensé que l'église fut édifiée sous le règne de l'empereur Iyasou Ier et consacrée en 1694, date à partir de laquelle elle n'aurait subi aucun changement artistique et architectural. En réalité, les recherches ont prouvé que les peintures ont été réalisées entre 1815 et 1825. Des vestiges des fondations d'une église à plan central d'un diamètre d'environ 30 m ont été retrouvés, le long des côtés Nord et Sud de l'église, on raconte qu'elle fut détruite par la foudre et qu'elle fut remplacée par l'actuelle église rectangulaire après l'incendie. 
















Des somptueuses peintures ornent le plafond et les parois, la richesse de ces décorations font la renommée de l'église. 


Après un petit déjeuné médiocre, nous sommes partis en voiture pour 140 km en direction du parc national de Semien Mountains. 


Simien Mountains National Park


Il a été créé en 1969, sur une superficie de 179 km², en vue de la protection des espèces endémiques qui le peuplent comme le babouin gélada, le loup d'Abyssinie et le bouquetin d'Abyssinie. Le parc est situé dans la région Amhara et couvre les monts Simien ainsi que le Ras Dashan, le 4ème sommet d'Afrique. 

Il a été formé par des éruptions volcaniques à l'ère tertiaire oligocène-miocène, il y a environ 20 à 30 millions d'années. Au fil des années, une importante érosion a formé sur le plateau éthiopien un paysage spectaculaire, composé de vallées, de pics et de précipices pouvant atteindre 

1 500 mètres de profondeur. Il est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. 
















L'entrée du parc se fait près de Debark. La balade dans ce magnifique parc se fait toujours avec un garde armé. C'est au cas où nous croiserions des loups ou des babouins agressifs et que nous soyons du coup en danger. Les gardes armés ont ordre de ne tirer qu'en l'air pour effrayer les animaux menaçants. 

Lorsque nous sommes arrivés, il y avait pas mal de brouillard, mais il a très vite commencé à se dissiper, nous offrant une magnifique vue panoramique sur toute la vallée. Nous sommes à environ 3 000 m d'altitude et le panorama est incroyable. Nous distinguons des aiguilles effilées se détachant des parois au-dessous de nous et tout en bas dans la vallée, quelques habitations entourées de champs cultivés. Le paysage est magnifique, et est dominé par les différents tons de vert de la végétation.


Après cette belle petite randonnée, nous avons repris la voiture pour aller voir les fameux babouins Géladas. 


Les babouins Géladas : Appelé aussi le singe-lion


Ce grand singe ressemble au babouin et vit sur les haut-plateaux d'Érythrée et d'Éthiopie à plus de 3 000 m d'altitude. Très reconnaissable par la coloration de leur fourrure qui varie entre le jaune et le brun, ils ont des taches roses de peau nue se rejoignant au milieu de leur poitrine, faisant penser à un sablier. Cette partie charnue est nue et rose, sa taille et sa couleur varient en fonction de ses conditions sexuelles. Autour 

de la tache de la poitrine, la femelle porte un collier de protubérances comme des verrues ; en pleine chaleur, ces protubérances deviennent très proéminentes et la tache vire au rouge vif. On parle alors d'un cœur-de-Jeannette.

Le gélada vit dans des harems. C'est sur la vigilance et l'agressivité du mâle gélada que repose la sécurité du harem. Il se dépense beaucoup pour conquérir un pouvoir aussi fragile qu'épuisant, alors que les femelles s'attachent surtout à leurs petits. Très liées entre elles, elles quitteront leur vieux chef pour un jeune. 
















C'est grâce à un reportage que j'ai vu à la télévision sur les babouins géladas que j'ai eu envie de venir en Éthiopie. Et c'est en élaborant mon projet de voyage que j'ai découvert toutes les facettes de ce pays fascinant. 

Enfin, je me retrouvais parmi ces grands singes emblématiques de cette région d'Afrique. Nous sommes tombés sur un groupe impressionnant d'au moins une centaine d'individus. Ils étaient magnifiques avec leur long pelage flottant au vent. Les majestueux mâles, poussaient des souffles parfois rageusement pour montrer leur supériorité pendant que les femelles, entourées de leur petit, arrachaient quelques herbes avec une grande dextérité pour y trouver les parties les plus nutritives. 

Nous avions du mal à croire, en voyant leurs belles quenottes impressionnantes, que ses primats sont herbivores ! 

Nous avons vraiment passé un moment inoubliable en compagnie de ces grands singes. 

Malheureusement, peu de sites sont dédiés à la préservation de l’animal. Unique en son genre, il pourrait disparaître sous les pressions exercées par l’homme et le climat sur son habitat.


Nous les avons laissés et nous sommes rentrés au Simien Lodge pour y passer la soirée et la nuit. 

Très beau Lodge dans l'esprit africain, il se trouve à 3 260 m d'altitude. Il est constitué de bungalows 

et d'un bâtiment principal au toit de chaume avec la réception, un salon et la salle à manger. 

Bon accueil et bon service. 

Un petit film sur les babouins geladas projeté à l'heure de l'apéro est intéressant. Diner et petit 

déjeuner très corrects. La cerise sur le gâteau ; la vue est incroyable ! 


Tôt le lendemain matin, nous avons repris la route en direction de Axum en passant à travers les chaines de montagne de Limalini et les terres

pittoresques des plaines de Tekezé. Nous avons mis presque 7 h pour arriver à Axum en nous arrêtant de temps en temps pour faire quelques poses, acheter les fruits ou manger un morceau à l'heure du déjeuner. 
















Aksoum :                           Signifie “L'eau du Chef“ en amharique


Axoum est un site très important dans l'histoire éthiopienne depuis plus de trois mille ans. Il s’agit d’une nécropole royale de différentes dynasties pré-chrétiennes. La Reine de Saba y vécut et son palais fut retrouvé,  il y a quelques années.

La Reine Makeda partit d'ici rencontrer le Roi Salomon et revint avec le fils né de leur union Ménélik qui fut l'origine de la Dynastie Salomonique éthiopienne dont Haile Selassie I fut le digne représentant sur terre. 

Premier Empire Chrétien du monde. Le Roi Ezana fonde le royaume chrétien d'Axum au 4ème siècle après J.C.

Axum sera détruit six siècles plus tard par la Reine Falasha Yodith. Décidée à complètement détruire le christianisme en Ethiopie, elle mit à sac plusieurs monastères, égorgea les moines et pilla les lieux saints. C'est pour cela que depuis ce jour, il n'est plus permis aux femmes de rentrer dans certains monastères.

Le site archéologique où se trouvent les obélisques d'Aksoum a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1980. Dans les alentours de la ville il y a aussi de nombreux autres sites datés de cette période antique. 
















Les grandes stèles aksoumites, marquent selon les archéologues l'emplacement des tombeaux des souverains de l'Empire aksoumite. Ils figurent parmi les plus grands monolithes façonnés par l'homme. Le plus grand d'entre eux mesurait 33 mètres de haut, mais s'est peut-être écroulé lors de son installation. Le plus grand encore en place de nos jours mesure 23 m. Ces roches proviennent de la carrière de Gobedra distante de 5 km. Jusqu'à présent, 200 stèles et obélisques ont été mis au jour mais les archéologues pensent que la nécropole se prolonge bien au-delà des limites actuelles de la zone archéologique. 


Le Réservoir de May Shum

Un peu plus loin, vous pourrez découvrir les ruines des bains légendaires de la reine de Saba 

qui est maintenant un baptistère pour les fidèles d'Aksoum lors de la fête de Timqet et une 

piscine à ciel ouvert le reste de l'année. 


Les églises Notre-Dame Marie de Sion

C'est un peu la Rome éthiopienne... Place énigmatique et sacrée pour les Éthiopiens. 

Il y a en fait 2 églises : 


La première de forme rectangulaire, interdite aux femmes, qui fut construite au XVIIe siècle par le roi Fasilidas à l’emplacement même où s’élevait ce qui fut sans doute la première église d’Afrique, érigée au début du IVe siècle sous le règne d’Ezana. 

Agrandie au VIe siècle par le roi Kaleb qui en fit une cathédrale majestueuse, l’édifice fut probablement détruit après la chute du royaume d’Axoum.









 






À l'intérieur, les murs sont magnifiquement peints de fresques représentants des scènes sacrées. Dont celle avec les 9 Saints ; leurs noms 

étaient Za-Mikaél Arègawi, Pantaléon, Garimâ, Aftsé, Goubba, Alef, Yem'ata, Liqanos et Sehma.


La nouvelle église construite par l'empereur Haïlé Sélassié en 1952 est une petite imitation de Sainte-Sophie de Constantinople. Il entreprit la construction pour rappeler l'importance spirituelle du lieu. Sans prétention, certains murs intérieurs sont peints de nouvelles peintures à la mode éthiopienne. 









Entre les deux églises s'élève une petite chapelle qui abrite le plus épais mystère de l'histoire éthiopienne. Ici, serait conservé la légendaire Arche d'alliance. Soustraite au regard des hommes et gardée par une sorte de prêtre prisonnier volontaire reclus à vie dans l’édifice. 

Le prêtre commis à la garde de l'Arche en interdit le spectacle à tous les visiteurs. La légende, veut, en effet, que le spectacle de l'Arche, qui serait insupportablement radieuse, tue le commun des mortels. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle n'était jamais montrée que bâchée lors des cérémonies publiques. Seule une autorisation des supérieurs de l'église de Sainte-Marie-de-Sion permettrait, semble-t-il qu'on aille examiner l'Arche. Un sujet très sensible aux Ethiopiens !


Le marché artisanal de rue d'Axoum

Sur la place centrale vous découvrirez des étales de produits artisanaux locaux. De magnifiques paniers ou assiettes tressés de toutes tailles et multicolores, vous sont proposés. Le plus impressionnant est un panier assez haut pouvant aller jusqu'à 1 m de hauteur. En enlevant son couvercle, vous obtenez une superbe table basse pour manger des plats typiques éthiopiens.  
















Le grand marché principal d'Axoum

Ce grand marché se situe dans le centre d'Axoum. Ici vous trouverez de tout, l'ambiance est bon enfant, les habitants viennent vendre, 

achetez et surtout palabrer. C’est un endroit idéal pour flâner et s’imprégner de ce lieu convivial et plein de rencontres. 

















Dungur

Ce site archéologique se trouve au Sud-Ouest de la ville d'Axum. Ce sont des vestiges du palais du roi Caleb qui datent du VIe siècle. Le site offre une multitude de petites salles qui entourent la partie principale composée de sept pièces et d'un escalier monumental. Le tout couvrant environ 3 250 mètres carrés. À son apogée, un double escalier menait à l'entrée du complexe, qui ouvrait sur l'une des cours entourant la structure centrale. En 2008, des archéologues allemands ont découvert, sous ce palais, les vestiges d'un autre palais qu'ils ont présenté comme étant celui de la Reine de Saba. 



 














Nous avons séjourné deux nuits au Yared Zema Hotel. Sans prétention, l'hôtel est en centre-ville. 

Les chambres sont simples et propres et les salles de bain un peu vétustes. La vue est moche et les 

alentours assez bruyants. Hôtel est pas cher et cela se ressent... sans plus ! 


Après deux jours de visite à Axoum, nous sommes partis, après le petit déjeuner, vers la région du Gheralta à travers les montagnes d'Adwa, qui sont très populaires, non seulement pour leur beauté, mais aussi pour leur importance historique. Ce fut là que les Éthiopiens ont mis dehors les colonisateurs italiens en 1896 et ont protégé le pays de toute sorte de colonialisme faisant l'Éthiopie le seul pays en Afrique qui n'a jamais été colonisé. 

Sur la route, nous avons aperçu en traversant quelques petites villes, des maisons typiques Tigrian, en pierre de sable. 







 









Sur le chemin, nous avons fait une pose et nous nous sommes arrêtés dans le petit café, très atypique, Genet's Coffee House.    











Le café fait partie depuis des siècles du quotidien des Éthiopiens, et est intimement lié à l’Éthiopie tant sur le plan culturel que sur le plan économique, elle est en effet un grand exportateur. 


En fin d'après-midi, nous sommes arrivés au Gheralta Lodge. C'est un Eco Lodge en pleine nature

arrangé avec goût, propre avec un service parfait. Sa situation est parfaite et la vue sur la vallée est 

superbe. Le repas était excellent et le petit déjeuner très copieux. Très bel endroit que je 

recommande vivement. Nous avons eu la chance d'y rester deux nuits.


Le massif du Ghetalta


Le massif du Gheralta se trouve dans la région du Tigré et offre un des plus beaux paysages d'Éthiopie. Ils sont souvent comparés à ceux de Monument Valley, tant leurs rochers et pitons sont impressionnants. Les panoramas sont spectaculaires, et possèdent des trésors cachés : d'extraordinaires sanctuaires rupestres et églises orthodoxes cachés et nichés à leurs sommets, renfermant des peintures religieuses 

absolument fascinantes. Dans cette région du Tigré se trouvent plus de 120 églises rupestres, surtout dans le Nord-Ouest. Même si personne n'est pas sûr de la date de leur construction, la plupart des églises, selon les spécialistes, dateraient des temps médiévaux entre le 9ème et le 15ème siècle. 















Le lendemain matin, nous sommes partis faire un trekking pour aller visiter une église rupestre dans la chaine de montagne Gheralta. J'avais découvert cette église dans un reportage fait dans un magasine Géo que j'avais trouvé dans la salle d'attente de mon Kiné en début d'année. 

Je m'étais cassé l'épaule au ski et j'avais besoin de séances pour retrouver la souplesse de mon épaule. Quand j'ai lu le reportage et que j'ai vu 

les photos, je me suis dis “ magnifique, si je vais en Éthiopie, je dois absolument y aller pour voir ça de mes propres yeux ! “

Neuf mois après, je marchais avec excitation en direction de l'église Abuna Yemata Guh. 


L'Église Abuna Yemata Guh


Découvrir ce joyau se mérite. Venir jusqu'à ce lieu sacré et propice à la prière fait partie d'un processus de volonté et de dévouement. Ici pas 

de route, seul un chemin à travers cette région chaude et rocailleuse vous emmènera jusqu'au Graal.  

Tout d'abord, vous marcherez plus d'une heure en traversant des paysages superbes sous un soleil de plomb pour arriver en bas d'une petite montagne surmontée d'énormes roches abruptes. Vous aurez encore un dénivelé de 500 m pour arriver jusqu'à cette église tant convoitée. Vous parcourrez les premiers 450 m dans des éboulis de pierres de toutes tailles pour arriver au pied d'un mur de roche d'une hauteur d'environ 50 m. 















Notre guide nous explique qu'il faudra grimper cette petite falaise pour accéder à l'église. Nous croisons un couple de Suisse qui redescendait, émerveillé par leur découverte et la beauté des lieux. Pour descendre, ils avaient des cordes et des baudriers et deux guides les aidaient en  assurant au maximum leur descente. 

Ces deux mêmes guides nous demandent d'enlever nos chaussures et de nous mettre pieds nus par respect pour la montagne sacrée et nous expliquent que c'est aussi pour éviter d'éroder les prises façonnées dans la verticalité du grès par les empreintes millénaires des pèlerins. 

Pour nous pas besoin de cordes ni de baudriers, ils estiment que nous n'en avons pas besoin... Pourquoi ? Je ne sais pas ! 

J'ai posé la question qu'il ne fallait pas poser ;  Il y a eu des accidents ? Non, me répondit un des guides, juste une crise cardiaque en 10 ans. 

Ah bon, ça va alors... ! 

Je me suis mis tout à coup en mode angoisse, mais confiant j'ai envoyé mon ami Patrice, en premier, pour que je puisse faire les photos de sa grimpette... évidement !    

Après quelques photos de lui dans le vide, je me suis lançais à mon tour et j'ai commencé l'ascension. 











Pas facile de grimper, il vaut mieux ne pas avoir le vertige. Vous devez trouver des empreintes creusées dans la roche pour pouvoir 

progresser, vous retrouvant par moment à faire un grand écart en vous demandant ; mais qu'est-ce que je fais là ?  

Heureusement les guides nous désignaient les interstices où nous devions glisser nos doits ou nos pieds : Here, right hand ! Now foot ! Change foot ! Hold this grip, don’t look down !

Nous avons gravi sans encombre ce mur, plaqués au rocher comme des arapèdes. Une fois celui-ci franchit, la grimpette a été plus facile. Sur 

le trajet, nous avons pu observer quelques tombes creusées à même la paroi où nous pouvions encore voir quelques ossements. 

Une fois arrivée en haut, vous vous retrouvez sur une petite plateforme qui vous permet de traverser cet énorme rocher. De l'autre côté, une vue incroyable et vertigineuse s'offre à vous. 

Vous n'avez plus qu'à passer sur un petit pont fait de deux poutres en bois qui tiennent par miracle pour franchir un fossé et arriver sur un passage très étroit qui longe le piton rocheux et vous emmène jusqu'à l'entrée du sanctuaire. 

Ne regardez pas en bas, le sol se trouve 600 m plus bas !

Un jeune prêtre attend patiemment les rares visiteurs. Il nous sourit et nous invite à rentrer. C'est un enchantement, les fresques qui tapissent les murs et le plafond de cet antre ont gardé leurs belles couleurs. Le prêtre en chasuble blanche rallume pour la énième fois son cierge et ouvre le livre sacré en peau de chèvre, brandit sa croix et commence à lire des extraits de récits bibliques écrient en langue fidäl. Cette langue n'est pratiquement plus employée que pour les textes et pratiques liturgiques de l'Église éthiopienne orthodoxe. Nous avions l'impression d'avoir remonté le temps. 
















Après ces moments magiques, retour à la réalité ! Nous voici sur le chemin du retour avec en tête quelques interrogations quant à notre aptitude à pouvoir redescendre par le même chemin en marche arrière sans cordes ni baudriers. Nous voulions éviter de faire un vol plané, nos vacances n'étaient pas encore finies !

Une fois en bas, sain et sauf , nous avons retrouvé notre troisième acolyte qui nous attendait sagement à l'ombre d'un arbre depuis plus d'une heure. Elle a malheureusement le vertige et ne se sentait pas l'envie de monter jusqu'en haut.   

Nous sommes rentrés tranquillement par le même sentier. Cette expérience inoubliable sera gravée au fond de nos mémoires. 


Le lendemain, nous avons repris la route en direction de Lalibela, l'une des plus belles routes panoramiques d'Éthiopie. Après avoir passé la ville de Betmera, la celle-ci devient sinueuse, elle monte, descend et serpente jusqu'à atteindre la partie la plus verdoyante de la région du Tigré, Korem. Nous sommes passés près du beau lac de Hashenge, l'un des lacs de cratère d’Éthiopie. Entouré par une multitude de champs cultivés, la vision de ce lac est magnifique.  
















Après plusieurs heures, nous sommes arrivés au Panoramic View Hotel à Lalibela. Cet hôtel venait juste 

d'ouvrir, très agréable et très bien placé, nous y sommes restés 2 nuits. Chambres confortables, calmes, 

propres, avec terrasse ou balcon donnant sur une vue époustouflante. L'accueil a été très chaleureux, la 

restauration bonne et copieuse et le personnel était disponible et compétent. Un séjour de 2 jours 

vraiment agréable.

 

Après un excellent petit déjeuner, nous sommes partis pour la visite de plusieurs églises monolithiques.  


Lalibela


Lalibela une cité monastique située à 2 630 mètres d'altitude sur le flanc Sud-Ouest des monts de l'ancienne province du Lasta, dans l'actuelle région Amhara. La Jérusalem d'Afrique, elle est le plus grand site chrétien d’Afrique. Sa renommée s'explique par la présence de onze églises taillées dans la roche sous ordre du roi Gebre Mesqel Lalibela (1172-1212), canonisé par l'Église éthiopienne. 

Elles sont creusées sous le niveau du sol, dans la roche sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur et d’un seul bloc, notamment Bete Amanuel, sculptée sur trois niveaux, Bete Abba Libanos, attachée au rocher par son toit ou encore Medhane Alem, la plus vaste église monolithique au monde. Le site a été classé au patrimoine mondial en 1978.

Selon la légende, au XIIIe siècle, le roi Lalibela reçut la mission divine d’édifier dix églises d’une seule pierre. Pour ce faire, il reçut l’aide des anges qui aidaient les ouvriers pendant la journée et continuaient pendant la nuit. Ainsi le site est né et reçut le nom du roi fondateur, Lalibela.

Cette atmosphère combinée à l'architecture religieuse et à la simplicité du mode de vie de la ville confère à la ville de Lalibela une atmosphère distinctement intemporelle, presque biblique.

Le site est partagé en trois groupes reliés en réseaux par d’impressionnants couloirs souterrains ; 

Le groupe Sud ; La “Jérusalem terrestre“, comprend Bete Emmanuel, Bete Merqorewos, Bete Abba Libanos 

ainsi que Bete Gabriel et le groupe Nord ; la “Jérusalem céleste“, inclutant notamment Bete Maryam et 

Bete Medhane Alem. L'église de Bete Ghiorghis, un peu éloignée, forme à elle seule le troisième groupe.  


Bete Medhane Alem : La maison du Sauveur du monde


Avec ses 34 m de long pour 24 m de large et 11 m de haut, Bete Medhane Alem est la plus haute et la plus vaste du site de Lalibela. Elle se trouve dans une fosse de plus de 40 m de long qui donne une idée du travail colossal entrepris pour sa réalisation. Avec ses cinq nefs, une caractéristique unique en Éthiopie, elle est de plus considérée comme la plus vaste église monolithique au monde. Pour sa construction, 

15 000 m3 de roche furent enlevés de la cour et 10 000 m3 à l'intérieur. 

Lorsque nous arrivons devant cette colossale église, nous ressentons alors toute la spiritualité qui s'en dégage depuis tant de siècles. L'atmosphère qui règne nous subjugue et nous emporte 2 000 ans dans le passé. Nous avons de la chance, il n'y a pas encore de touristes à cette heure-ci, seuls des pratiquants éthiopiens prient discrètement.

L’intérieur, paraît beaucoup plus réduit en raison des 2 m d’épaisseur des murs. L'ensemble est soutenu par 24 piliers, sans base ni 

chapiteaux, qui, avec ceux du péristyle extérieur, symboliseraient les 72 apôtres. De superbes peintures et fresques recouvrent tous les plafonds et le haut des piliers. Malheureusement, tout ce qui est à hauteur d'homme est usé par la quantité de pèlerins qui sont passés ici, en effleurant les murs du sanctuaire, siècle après siècle. 


















Bete Ghiorghis : La maison de Saint-Georges


Cette surprenante église monolithe en forme de croix cruciforme, a été creusée au début du XIIIe siècle, dans le tuf volcanique rose du plateau de Lasta. Ce chef-d’œuvre suscite l’admiration, du fond d’une fosse de 12 m s’élève ce majestueux monument posé sur un socle à 3 degrés. 3 400 m3 de roches durent être enlevés pour détourer l’église extérieurement et ainsi constituer la cour et ses environs, et 450 m3 pour sculpter et décorer l'intérieur de l'église. 

Selon la légende, la construction fut rapidement terminée, saint Georges (Saint "patron céleste de l'Éthiopie") lui-même, dirigeant des escouades d'anges, ayant participé aux travaux.

On y accède par une longue tranchée où sont inscrites, selon la tradition, les empreintes des sabots du cheval de saint Georges accouru pour admirer l’œuvre. Les douze façades plutôt sobres sont ornées de plusieurs corniches et de deux niveaux de fenêtres, dont celles du bas sont aveugles, aux motifs très différents.

L’intérieur, assez sombre, conserve sa forme de croix grecque et le saint des saints est surmonté d’une coupole. L'église n'abrite ni peintures, 

ni sculptures susceptibles de distraire le regard de l'harmonie et de la simplicité de ses lignes. En extérieur, l'enceinte de roches qui entoure l'édifice, est excavée de nombreuses cavités appréciées des ermites et dont l’une renferme quelques corps momifiés. Une salle plus grande, creusée aussi dans le mur d'enceinte, représente le kené malet destiné à recevoir la chorale durant les offices. Dans un coin se trouve un petit bassin recouvert de hautes herbes dédié aux bains baptismales.  

La beauté de cette église et son état exceptionnel de conservation lui confèrent une solennité particulière. Que vous la découvriez en la surplombant du haut de son puit ou en arrivant par la cour, vous serez subjugué par ce lieu mystique et spirituel donnant l’impression que l’église a toujours été là, sous la roche.
















Bete Merqorewos : La maison de Mercorius


D'origine plus ancienne que les autres églises du site, l'ouvrage aurait pu servir d'abord à des fins civiles ou militaires ou même comme une résidence royale fortifiée et être transformé en église ultérieurement. Elle s'est malheureusement en partie écroulée lors d'un tremblement de terre au XVIe siècle. Un mur a été construit dans les années 1980 pour fermer la partie restante. On y accède par du long tunnel qui joint les églises du groupe Nord à celles du groupe Sud dont elle fait partie.

L'église est une salle souterraine aux piliers irréguliers et grossièrement sculptés. Elle mesure environ 25 m compte tenu de sa forme extrêmement irrégulière. En piteuse état, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. Les fresques à l'intérieur qui datent du XVe siècle sont presque effacées laissant à notre imagination, la beauté que fut ces lieux il y a des siècles. 

En parcourant les lieux, vous serpenterez à travers les ruines, montant et descendant des escaliers, sculptés dans la roche, usés par le temps et par les milliers de pèlerins qui sont passés ici avant vous. 
















Bete Emmanuel : La maison d'Emmanuel


C'est la seule église purement monolithe du groupe Sud et la deuxième plus vaste de Lalibela. Longue de 18,5 m et large de 12,5 m, elle se trouve au fond d'une tranchée de 29 m de long. De tout beauté, sa façade est finement travaillée. Pour certains spécialistes, elle aurait pu constituer la chapelle privée de la famille royale. Soigneusement sculptée sur ses trois étages, la structure de la façade taillée reprend les motifs architecturaux axoumites typiques. Chaque étage présente un style de fenêtres différent.

Les guerres civiles et régionales de la fin du XXe siècle ont laissé de nombreux impacts de balles dans ses parois extérieures. 

L’intérieur, aussi très travaillé, s’organise autour d’un plan basilical classique à trois nefs, dont la centrale est voûtée, et qu’une galerie surmonte. La décoration est dominée par une frise de fenêtres aveugles à usage uniquement ornemental. 
















Bete Abba Libanos : La maison de l'abbé Libanos


Cette église très fragilisée, de type à la fois monolithe et hypogée, imite une église de caverne, seul le toit étant attaché à la roche. Les quatre façades sont bien sculptées et reproduisent poutraison, encadrements et bandeaux. 

Selon la légende, église a été bâtie en 24 heures par Maskal Kebra, la femme du roi Gebre Mesqel Lalibela. Occupé la journée par les affaires de son royaume, son mari s’absentait toutes les nuits pour surveiller 10 églises en cours excavation. Maskal finit par soupçonner son mari d’infidélité. Intriguée par l'activité mystérieuse du roi, elle le suivit en cachette jusqu'au chantier. Lorsqu’elle découvrit la vérité, elle s’en voulut tellement d’avoir douté de lui qu’elle demanda à son époux d'en faire sculpter une onzième qui lui serait dédiée. L'ordre fut aussitôt donné et dès le lendemain la reine put admirer Bete Abba Libanos, érigée grâce au travail nocturne d'une escouade d'anges.

Cela explique sans doute la fragilité du sanctuaire, taillé dans une roche plus friable et dont les murs de la façade sont dangereusement lézardés. Peut-être conscients de cette fragilité, les architectes ont-ils décidé de ne pas détacher du rocher le toit de l’édifice afin de soulager la structure, ce qui en fait une église hypogée.
















Cette visite des églises de Lalibela uniques au monde, est une expérience extraordinaire. Vous aurez l'impression de remonter dans des temps ancestraux où dans la pénombre rosée, des fidèles de tous âges, accroupis sur le sol, sont en prière, déchaussés, blottis près des piliers, enveloppés dans un châle blanc immaculé. Ces sanctuaires renferment de nombreux trésors, de magnifiques fresques, des livres anciens, des peintures religieuses et les fameuses croix de bénédictions de Lalibela en alliage argenté, que les prêtres tiennent fièrement dans leur main. 

Toutes s’animent lors des fêtes religieuses, quand les pèlerins affluent par milliers autour du patriarche coiffé d’un chapeau cylindrique brodé d’or et des prêtres vêtus de robes colorées et turbans blanc, accomplissant exorcismes et guérisons miraculeuses... 

Un vrai régal pour l'esprit et pour les yeux. 


Le lendemain, nous avons pris l'avion en milieu de matinée pour Addis Abeba. Nous avons récupéré une voiture avec chauffeur et nous sommes partis plus au Sud pour la ville d'Awasa. Elle se trouve à 275 km d'Addis Abeba soit environ 5h30 de voiture. 


Awasa


Fondée vers 1959 par l’empereur Hailé Sélassié, sur la rive Est du lac Awasa dans la vallée du Grand Rift, elle fait partie de la région des nations, nationalités et peuples du Sud. C'est la plus grande ville de la woreda d'Awasa. 


Nous avons séjourné pour une nuit au Haile Resort Hawassa Hotel. Situé au bord du lac, cet hôtel

se trouve dans un cadre de verdures loin du tumulte de la ville. Les chambres sont spacieuses 

propres et confortables équipées d'une excellente literie. Le personnel est très prévenant mais sait 

aussi se rendre discret. Au restaurant le buffet est diversifié et d’excellente qualité. Un vrai bonheur !


Le matin, nous sommes allés voir le marché aux poissons qui se situe sur les rives du lac Awasa. Très animé et atypique, ce marché se tient tous les jours de la semaine. De nombreux pêcheurs négocient leurs prises du jour sur place devant leurs embarcations. Les oiseaux sont de la fête ! De nombreux marabouts et de pélicans traînent dans les parages pour attraper au vol les poissons abîmés que leur lancent les pêcheurs en nettoyant leurs filets. Si vous avez une petite faim, des poissons bouillit sont proposés comme des tilapias et des poissons-chats. Vous n'avez plus qu'à choisir et vous assoir sur des poufs en bois décorés. Nous y avons passé un excellent moment.
















Après nous être imprégné de la belle ambiance de ce marché aux poissons, nous sommes partis pour la réserve sauvage de Senkelle. 


Réserve sauvage Senkelle


Ce sanctuaire est une zone protégée de la région d'Oromia, dédiée en particulier à la protection du bubale de Swayne. Couvrant 58 kilomètres carrés, la réserve est située au Nord-Ouest du lac Awasa. 

Cette minuscule réserve a été créé uniquement pour protéger une espèce d'antilope endémique à la région menacée d'extinction. 

Malheureusement, en raison du braconnage, sur les 3 000 bêtes vivant dans la région, il n'en reste que quelques centaines... L'avantage de cette réserve est sa petite taille et le terrain dégagé qui en font le seul endroit en Éthiopie où les observations de bubales de Swayne sont pratiquement garanties.








Après cette petite virée dans la réserve, nous avons repris la route plus au Sud pour la ville d'Arba Minch. Nous avions au moins 5h de route pour faire 280 km. 

Sur le trajet, nous avons eu le plaisir de nous arrêter pour admirer les huttes traditionnelles du peuple Alaba. Traditionnelles et rondes au toit de chaume, ces huttes sont très bien faites et totalement écologiques. L’herbe, coupée à la fin de la saison des pluies, est généralement utilisée comme chaume. Les murs peuvent varier : avec des bâtons entrelacés de paille, avec des grosses planches serrées les unes aux autres ou avec des murs de boue dont certains, pour les plus riches, sont joliment décorés. 
















Arba Minch :                                  Signifie “Quarante sources“ en amharique


Située à l'Ouest de la vallée du Grand Rift, Arba Minch a reçu son nom des nombreuses sources locales et ses cours d'eau souterrains qui s'écoulent sous les forêts avoisinantes. À l'Est de la ville se trouve l'entrée du parc national de Nech Sar, qui recouvre l'isthme reliant le lac Abaya au Nord et le lac Chamo au Sud. 

La ville accueille chaque année le Festival des 1000 Stars (shi kokeboch), un concert organisé par l'association britannique One Heart et une association locale d'art et de musique, destiné à aider les peuples de la région à s'en sortir grâce à la musique. 


Nous avons séjourné pour la nuit au Paradise Lodge. La vue depuis le hall et le restaurant, de la vallée du Rift, est vraiment spectaculaire. Dans une vraie oasis de verdure, les chambres en forme de 

bungalows sont sympas surtout si vous avez la chance d'en 

avoir une avec vue. 

Le restaurant propose, le soir, un buffet sans prétention 

mais le petit déjeuner du matin est copieux. Le personnel 

est agréable et très serviable. 


Nous avons quitté l'hôtel pour nous diriger vers le lac Chamo. Une petite croisière sur le lac nous était proposée afin de découvrir le parc national de Nech Sar. 


Le Parc national de Nech Sar :

Créé en 1974, le parc s'étend sur 514 km² sur laquelle se trouve le “pont de Dieu“, un isthme entre le lac Abaya et le lac Chamo. Il se situe à 

environ une altitude de 1 400 m. 

Le parc national de Nech Sar est considéré comme un important refuge pour les oiseaux, notamment ceux qui migrent et trouve dans le parc un lieu de passage. Le parc abrite aussi une grande variété d'animaux sauvages et une partie de la rive Nord-Ouest du lac Chamo accueille un marché au crocodile qui sont exploités pour leur peau. Les lacs Abaya et Chamo abritent également une importante quantité de poissons, notamment la perche du Nil, qui constituent la base de l'industrie locale de pêche. 
















Nous avons embarqué sur une grosse barque en bois et tranquillement nous sommes allés à la rencontre des crocodiles qui peuplent ce superbe lac. La balade en bateau dans cet espace naturel d'une grande beauté, foisonnant de vie animale et d'activité humaine est un vrai 

régal. Ce serait dommage de s'en priver ! 


Le peuple Dorzé


Dans l'après-midi, départ pour un village ethnique et la rencontre du peuple Dorzé. Leurs habitations appelées toukoul, sont de superbes huttes, le plus souvent faites de torchis et de chaume, et dotées de toits caractéristiques, ogivale, qui peuvent atteindre 10 m de haut. La 

charpente de bambou, tapissée de feuilles de faux bananier, forme un dôme allongé avec une protubérance constituant le porche d’entrée. À l'intérieur, la  haute salle sombre est creusée dans un sol de terre et quelques murs de bambou, noircies par la fumée, délimitent les espaces intérieurs. De nombreux ustensiles et calebasses sont accrochés aux parois. Des meules pour écraser le kocho (pain en forme de galette fait à partir de l'ensète, aussi appelée “ fausse banane “) se partagent le sol avec un petit foyer au centre du logement où les femmes cuisinent dans un chaudron léché par les flammes. Ici, ils vivent en famille avec leurs animaux de ferme.

Lorsque la base d’une habitation est endommagée par l’humidité ou les termites, ils se réunissent pour enlever la partie détériorée, en la découpant, puis déplace la structure saine vers un emplacement approprié à l’aide de perches de bambou. La durée de vie d’une maison est d’environ 40 ans et sa construction, communautaire, demande une quinzaine de jours.  
















Les Dorzés sont également réputés, pour leurs tissages notamment le châle en coton blanc aux bordures brodées dont seuls les hommes les

tis­sent et pour leurs polyphonies vocales. Leur langue est le dorzé, une langue omotique dont le nombre de locuteurs est d'environ de 30 000 personnes. 


Nous avons passé la nuit à l'Eco Omo Lodge. Ce petit Lodge sans fioritures avec ses 20 tentes sous toit 

de chaume et surmontées d'un planché sur pilotis, offre le meilleur hébergement dans la région de Jinka.

Il y a un grand et très bon restaurant et le personnel est sympathique.

La propriété est sur la rive de la rivière Neri , idéal pour la rencontre avec diverses tribus, notamment les 

Mursi. 

Des promenades dans la nature et des excursions à cheval peuvent également être organisées à l'avance.


Le lendemain, nous sommes partis rendre visite à la tribu des Konsos


Le peuple Konso


Dans la vallée du rift , à environ 50 km du lac Chamo, les villages Konso se nichent entre 1 500 et 2 000 m d'altitude dans un écrin de nature. Après avoir traversé les plaines arides de l'Omo le changement est surprenant. Les habitants ont réussi à dompter les collines et à s'adapter à l'aridité de la zone. Ils y ont créé un cadre de vie paisible, en harmonie avec la nature. Ce peuple est connu pour leurs fascinantes constructions de terrassement. Héritage patrimonial digne d'un exploit, l'aménagement en terrasse des habitations résulte de travaux colossaux. Cette disposition minimise les risques d'érosion et facilite le stockage de l'eau de pluie. Un rempart de basalte et de terre séchée, faisant plus de trois mètres de haut, entoure les villages. Ce système ingénieux permet notamment de se protéger des attaques d'animaux. 

















Une fois franchi la fortification, nous découvrons des chemins de terre étroits protégés par des murs en pierre qui serpentent le village créant un vrai labyrinthe. Malheureusement pour nous, il avait plu toute la nuit et nous traversions ce village en pataugeant dans une gadoue ultra glissante. Après avoir plusieurs fois failli nous étaler dans la boue, nous avons rebroussé chemin et nous n'avons pas pu finir notre visite. Vraiment dommage !!!


Dans l'après-midi, direction du parc national de Mago pour une visite de la tribu des Mursis dont les femmes sont connues comme “ les femmes à plateau “. 


Le peuple Mursi


Les Mursis sont une ethnie semi-nomade vivant à la périphérie Ouest du Parc National de Mago, en bordure de la rivière Omo qu’ils partagent avec d’autres tribus. Les Mursis se battent régulièrement avec les autres peuples qui partagent les terres sur lesquelles ils résident. Les raisons de ses querelles incessantes sont particulièrement liées au vol de bétail et le kidnapping de femmes. Ainsi, leurs principaux ennemis sont notamment les Hamers et les Bodis. Parmi tous les peuples indigènes répertoriés en Afrique, c’est un des seuls peuples avec les Surmas où l’on peut encore voir les femmes porter des ornements labiaux, et auriculaires en forme de disques plats. 

Ces disques ou plateaux sont généralement en argile ou en bois. Plus le plateau est grand, plus la femme est belle. On raconte que le plateau labial servait à enlaidir les femmes pour dissuader les guerriers des tribus voisines de les enlever. Mais avec le temps, c’est devenu un symbole de beauté et de prestige. Elles arborent aussi des coiffures incroyables avec des ornements tels que des cornes, des fruits, des paniers tressés ou différents morceaux de tissus colorés. Les hommes ont de beaux dessins assez spectaculaires peints à la craie blanche sur tout le corps. Les hommes et les femmes décorent leur peau avec des pigments naturels extraits de minéraux et de légumes qui sert également de répulsif d’insectes en les mélangeant à de la cendre et à de l’urine de bétail. Il est également très courant que des scarifications soient faites sur les bras, la poitrine et le dos, en signe d’élégance, de force et de courage. Les Mursis sont très fiers et sont de redoutables guerriers, ils arborent fièrement leurs Kalachnikov et prennent la pose devant vous pour la postérité. Un vrai régal pour les photographes en herbe !!!

















Comme beaucoup de tribus en Éthiopie, les Mursis parlent une langue nilotique (leur langue s’appelle Mursi). Pour pouvoir communiquer avec eux, il vous faudra alors faire appel aux services d’un interprète, ce que nous avons fait car il faut parlementer avec eux pour pouvoir faire des photos. 

J'ai dû marchander comme un forcené avec le chef du village pour avoir l'autorisation de photographier sa tribu. Le problème n'est pas le prix de la photo, 5 birrs (0,10€) chaque photo mais c'est la façon de compter... 

Vous photographiez une seule personne, c'est 5 birrs, le double si vous en photographiez deux, le triple s'il y en a trois, etc ... 

Un bébé compte pour un et ils y ajoutent le chien, la vache ou le mouton si il y en a ! 

Si vous tirez le portrait d'une même personne plusieurs fois, il faut payer autant de fois le prix. Mieux vaut ne pas se tromper car ils compteront pour vous le nombre de clics que votre appareil fera pour chaque cliché. 

Quant aux photos du village, d'une cahute ou d'un marché, avec des groupes de personnes, elles peuvent donner lieu à d'âpres discussions auxquelles, seuls les guides peuvent mettre fin pour éviter que cela dégénère et tout ça vous le multipliez par le nombre de personnes voyageant avec vous. Cela peut chiffrer très vite et c'est ingérable ! 

Un vrai casse-tête et une vraie source de conflit qui peut gâcher cette rencontre exceptionnelle. Donc faites comme moi et marchandez un prix global pour faire autant de photos que vous le souhaitez. Le chef m'a proposé la somme de 1 000 birrs et je lui ai proposé la moitié, 500 birrs soit environ 10€ ce qui équivalait à 100 photos et je pouvais photographier ce que je voulais et qui je voulais autant de fois que je 

voulais. 

Nous avions l'impression d'avoir remonter le temps et comme les premiers explorateurs, découvert des ethnies d'un autre temps au fin fond d'un monde oublié. 

Ce peuple semi-nomade de quelque 34 000 âmes sont des bergers nomades. Ils se déplacent à la recherche de pâturage et d'eau pour leur bétail. Leurs hameaux d’une vingtaine de huttes de petite taille (moins de 1,20 m de hauteur), bâties sur une armature d’acacias et couvertes de chaume, changent régulièrement d’emplacement, aux grés des attaques de la mouche tsé-tsé et des tiques. Dans ces abris rudimentaires, serrés les uns contre les autres, ils dorment dans une absence totale de confort avec juste une peau de vache étendue sur le sol.


Après avoir passé plus d'une heure en leur compagnie, nous avons repris notre 4x4 en direction de Omorate pour faire la rencontre du 

peuple Dassanech. Pour les rencontrer, nous avons dû traverser la rivière Omo dans une pirogue.  









Le peuple Dassanech


Les Dassanech sont installés sur les deux rives de l’Omo et sont essentiellement agro-pastoral. Ils cultivent du sorgho, du maïs, des citrouilles et des haricots lorsque la rivière Omo et son delta débordent. Ils dépendent aussi de leurs chèvres et de leurs bovins qui leur donnent du lait, et sont abattus pendant la saison sèche pour la viande et les peaux.

Ils sont environ 24 000 individus, répartis dans une région fertilisée par les inondations du delta de l’Omo et l’influence du lac Turkana. Ils possèdent une structure patriarcale et, par conséquent, un groupe d’anciens appelé les Aras (qui signifie l’autorité) commande tous ces clans.

















C'est un très beau peuple, avec des très fins et surtout avec un sourire sur les lèvres pour vous montrer que vous êtes le bienvenue. 

Les femmes ont toujours la partie supérieure du corps dénudée et portent un tissu de couleur vive qu’elles enroulent autour de la taille. Leurs ornements sont très étranges : la plupart ont de petites perforations sous la lèvre inférieure qu’elles décorent généralement avec des plumes. Leurs accessoires d'ornement sont très caractéristiques avec des détails qui caractérisent le plus cette tribu. Sur la tête, elles tressent leurs cheveux et les recouvrent de terre. Hommes et femmes portent tous un bandeau fait de perles en plastique agrémentés de plumes plus ou moins grandes. Au cou, ils portent des colliers de perles aussi en plastique de couleurs vives ainsi qu'au poignets et aux chevilles. Les couleurs jaunes, oranges ou rouges sont les plus utilisées, peut-être pour faire référence au soleil. 




 















Ce petit musée, un peu vétuste mais bien entretenu expose l'héritage historique, culturel et archéologique du pays. Il est connu pour ses fossiles hominidés comme la fameuse Lucy. Ces ossements humains sont datés de 3,18 millions d'années et constituent le premier fossile relativement complet.
Ce petit musée, un peu vétuste mais bien entretenu expose l'héritage historique, culturel et archéologique du pays. Il est connu pour ses fossiles hominidés comme la fameuse Lucy. Ces ossements humains sont datés de 3,18 millions d'années et constituent le premier fossile relativement complet.
Ce petit musée, un peu vétuste mais bien entretenu expose l'héritage historique, culturel et archéologique du pays. Il est connu pour ses fossiles hominidés comme la fameuse Lucy. Ces ossements humains sont datés de 3,18 millions d'années et constituent le premier fossile relativement complet.
Lors de notre passage à Addis Abeba, nous avons séjourné au Swiss Inn Nexus Hotel. L'hôtel est bien tenu, propre et confortable avec toutes les accommodations possibles, et le personnel est à l'écoute. Il y a une belle terrasse sur le toit pour prendre un petit apéro avant d'aller diner. Je recommande vivement !
Nous avons passé une nuit au Jacaranda Hotel dans la ville de Bahir Dar. L'hôtel est plutôt impersonnel mais bien situé, à 2 pas du lac Tana. Les chambres sont très spacieuses, propres, avec wifi et eau chaude. Le petit déjeuner sous forme de buffet est très bon.
Le Dessert Lodge est un restaurant avec une belle terrasse au bord du lac. Très agréable, l'accueil est  sympa et vous mangerez sous une pergola en bois avec une vue imprenable sur le lac.
C'est un mélange d’injera (une galette avec laquelle on consomme d'autres aliments en utilisant sa main droite) coupée en lanière, de beurre clarifié, de bérbéré et éventuellement d'autres ingrédients (viande, légumes...) et tout ça servi avec une sauce épicée. Disons que c'est tellement copieux et bourratif que cela ressemblait plus à un étouffe chrétien. Nous n'avons pas super aimé !
Prenant naissance au lac Tana, en Éthiopie, il forme le Nil lors de sa confluence avec le Nil Blanc à Khartoum, au Soudan. Le Nil Bleu, pourtant plus court, contribue à la majorité du débit du fleuve.
Prenant naissance au lac Tana, en Éthiopie, il forme le Nil lors de sa confluence avec le Nil Blanc à Khartoum, au Soudan. Le Nil Bleu, pourtant plus court, contribue à la majorité du débit du fleuve.
Prenant naissance au lac Tana, en Éthiopie, il forme le Nil lors de sa confluence avec le Nil Blanc à Khartoum, au Soudan. Le Nil Bleu, pourtant plus court, contribue à la majorité du débit du fleuve.
Nous avons passé une nuit au Taye Belay Hotel. L'hôtel sans aucun charme est un peu vieillot mais  propre. Les chambres sont sans plus, à l'image de l'hôtel... Beaucoup d'escaliers et pas d'ascenseur !  Heureusement, nous n'y avons passé qu'une nuit. Le petit déjeuner peu copieux et peu varié.
Très beau Lodge dans l'esprit africain, il se trouve à 3 260 m d'altitude. Il est constitué de bungalows et  d'un bâtiment au toit de chaume avec la réception, un salon et la salle à manger. Bon accueil et bon service.
Un peu plus loin, vous pourrez découvrir les ruines des bains légendaires de la reine de Saba  qui est maintenant un baptistère pour les fidèles d'Aksoum lors de la fête de Timqet et une  piscine à ciel ouvert le reste de l'année.
La nouvelle église construite par l'empereur Haïlé Sélassié en 1952 est une petite imitation de Sainte-Sophie de Constantinople. Il entreprit la construction pour rappeler l'importance spirituelle du lieu. Sans prétention, certains murs intérieurs sont peints de nouvelles peintures à la mode éthiopienne.
La nouvelle église construite par l'empereur Haïlé Sélassié en 1952 est une petite imitation de Sainte-Sophie de Constantinople. Il entreprit la construction pour rappeler l'importance spirituelle du lieu. Sans prétention, certains murs intérieurs sont peints de nouvelles peintures à la mode éthiopienne.
La nouvelle église construite par l'empereur Haïlé Sélassié en 1952 est une petite imitation de Sainte-Sophie de Constantinople. Il entreprit la construction pour rappeler l'importance spirituelle du lieu. Sans prétention, certains murs intérieurs sont peints de nouvelles peintures à la mode éthiopienne.
La nouvelle église construite par l'empereur Haïlé Sélassié en 1952 est une petite imitation de Sainte-Sophie de Constantinople. Il entreprit la construction pour rappeler l'importance spirituelle du lieu. Sans prétention, certains murs intérieurs sont peints de nouvelles peintures à la mode éthiopienne.
Nous avons séjourné deux nuits au Yared Zema Hotel à Axum. Sans prétention, l'hôtel est en centre-ville.  Les chambres sont simples et propres et les salles de bain un peu vétustes. La vue est moche et les alentours assez bruyants. Hôtel est pas cher et cela se ressent... sans plus !
Sur le chemin, nous avons fait une pose et nous nous sommes arrêtés dans le petit café, très atypique, Genet's Coffee House.
Sur le chemin, nous avons fait une pose et nous nous sommes arrêtés dans le petit café, très atypique, Genet's Coffee House.
Sur le chemin, nous avons fait une pose et nous nous sommes arrêtés dans le petit café, très atypique, Genet's Coffee House.
En fin d'après-midi, nous sommes arrivés au Gheralta Lodge. C'est un Eco Lodge en pleine nature arrangé avec goût, propre avec un service parfait. Sa situation est parfaite et la vue sur  la vallée est  superbe. Le repas était excellent et le petit déjeuner très copieux. Très belle endroit que je  recommande vivement. Nous avons eu la chance d'y rester deux nuits.
Découvrir ce joyau se mérite. Venir jusqu'à ce lieu sacré et propice à la prière fait partie d'un processus de volonté et de dévouement. Ici pas  de route, seul un chemin à travers cette région chaude et rocailleuse vous emmènera jusqu'au Graal.
Découvrir ce joyau se mérite. Venir jusqu'à ce lieu sacré et propice à la prière fait partie d'un processus de volonté et de dévouement. Ici pas  de route, seul un chemin à travers cette région chaude et rocailleuse vous emmènera jusqu'au Graal.
Découvrir ce joyau se mérite. Venir jusqu'à ce lieu sacré et propice à la prière fait partie d'un processus de volonté et de dévouement. Ici pas  de route, seul un chemin à travers cette région chaude et rocailleuse vous emmènera jusqu'au Graal.
Après plusieurs heures, nous sommes arrivés au Panoramic View Hotel à Lalibela. Cet hôtel venait juste  d'ouvrir, très agréable et très bien placé, nous y sommes restés 2 nuits. Chambres confortables, calmes,  propres, avec terrasse ou balcon donnant sur une vue époustouflante. L'accueil a été très chaleureux, la  restauration bonne et copieuse et le personnel était disponible et compétent. Un séjour de 2 jours  vraiment agréable.
Ce sanctuaire est une zone protégée de la région d'Oromia, dédiée en particulier à la protection du bubale de Swayne. Couvrant 58 kilomètres carrés, la réserve est située au Nord-Ouest du lac Awasa.  Cette minuscule réserve a été créé uniquement pour protéger une espèce d'antilope endémique à la région menacée d'extinction.
Ce sanctuaire est une zone protégée de la région d'Oromia, dédiée en particulier à la protection du bubale de Swayne. Couvrant 58 kilomètres carrés, la réserve est située au Nord-Ouest du lac Awasa.  Cette minuscule réserve a été créé uniquement pour protéger une espèce d'antilope endémique à la région menacée d'extinction.
Ce sanctuaire est une zone protégée de la région d'Oromia, dédiée en particulier à la protection du bubale de Swayne. Couvrant 58 kilomètres carrés, la réserve est située au Nord-Ouest du lac Awasa.  Cette minuscule réserve a été créé uniquement pour protéger une espèce d'antilope endémique à la région menacée d'extinction.
La vue depuis le hall et le restaurant, de la vallée du Rift, est  vraiment spectaculaire. Dans une vraie oasis de verdure, les chambres en forme de bungalows sont sympas surtout si vous avez la chance d'en avoir une avec vue.  Le restaurant propose, le soir, un buffet sans prétention mais le petit déjeuner du matin est copieux. Le personnel est agréable et très serviable.
La vue depuis le hall et le restaurant, de la vallée du Rift, est  vraiment spectaculaire. Dans une vraie oasis de verdure, les chambres en forme de bungalows sont sympas surtout si vous avez la chance d'en avoir une avec vue.  Le restaurant propose, le soir, un buffet sans prétention mais le petit déjeuner du matin est copieux. Le personnel est agréable et très serviable.
OK

Ce site web utilise les cookies. Veuillez consulter notre politique de confidentialité pour plus de détails.